Astronomy Domine


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Eclipse annulaire de Soleil le 01/09/2016


La prochaine éclipse de Soleil est annulaire et a lieu le 1er septembre 2016.

Pour l’observer il faut comme d’habitude se déplacer sur notre belle planète bleue.

La trajectoire de l’éclipse annulaire traverse l’Afrique et notamment le Gabon, le Congo, la RDC, la Tanzanie, le Mozambique, Madagascar, ainsi que l’île de la Réunion.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour obtenir la carte interactive (site de Xavier Jubier).

Trajectoire de l'éclipse du 1er septembre 2016

Zoom sur La Réunion

18-07-2016 11-35-51

La Réunion, petit zoom au niveau du Maïdo, un site en altitude magnifique et facile d’accès.
Ce n’est d’ailleurs peut-être pas le meilleur endroit pour observer cette éclipse car les nuages ont souvent pris position à cette heure là.
Il vaut peut-être mieux se diriger vers Saint-Gilles ou Saint-Leu où il fait souvent beau toute la journée, mais là je n’apprendrai rien aux Réunionnais !

Heures en temps local pour le Maïdo (ajouter environ 30s pour Saint-Gilles).

Début de l’éclipse partielle : 12h23m02s
Début de l’éclipse annulaire : 14h08m31s
Maximum de l’éclipse : 14h09m36s
Fin de l’éclipse annulaire : 14h10m52s
Fin de l’éclipse partielle : 15h42m31s

La phase annulaire dure ainsi 2mn21s.

Si vous souhaitez voir à quoi cela ressemble, je vous invite à lire mon précédent article sur l’éclipse annulaire du 20 mai 2012 aux USA.

Au moment du maximum de l’éclipse, le couple Lune-Soleil sera orienté plein Nord-Ouest, et le Soleil sera recouvert à 98% environ par la Lune. Autant dire qu’il s’en faut de peu pour que cela soit une éclipse totale.

Attention tout de même, ne regardez pas le Soleil à l’oeil nu même si seulement 2% de lumière passeront au moment du maximum de l’éclipse ; cela suffirait à vous créer des lésions irréversibles à l’oeil. La protection avec des lunettes de type « éclipse » est indispensable.

Si vous n’êtes pas situé dans la bande où la phase annulaire est visible, le spectacle de l’éclipse partielle sera toujours très intéressant à observer.
Par exemple à Maurice, le Soleil sera occulté à 92% à 14h13 (temps local).
A Mayotte, il sera éclipsé à 92% également à 12h33 (temps local).

Bonne météo à tous pour le 01/09/2016 !

Je vous suggère aussi de ne pas louper ce site web concernant la prochaine échéance majeure d’éclipse totale de Soleil aux Etats-Unis le 21/08/2017 : eclipse-2017-usa.com

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Dans l’ombre de la Lune… au Spitzberg ce 20 mars 2015.


Ceci est un carnet de voyage.

De retour d’un fabuleux voyage sur l’île du Spitzberg au Svalbard en Norvège à l’occasion de la dernière éclipse totale de Soleil le 20 mars 2015.

Les présentations (private jokes inside)

Nous étions un groupe de dix personnes partis avec l’agence 66° Nord, dont le guide, plus deux chiens. Nos motivations étaient différentes pour ce voyage…

Moi-même pour vivre une froide expérience et chasser une sixième éclipse totale,
Deux amis chasseurs d’éclipses dont c’était la 7ème totale, Pascal venu à cause de moi et qui ne regrette pas ! Et Jeff pour vivre une éclipse au congélateur,
Luc, un autre chasseur d’éclipses bardé d’équipements photographiques, et venu pour se la péter auprès des amis,
Emmanuel, un Suisse qui ne savait pas pourquoi il était venu, mais je suis certain qu’il a changé d’avis maintenant !
Eric, notre metteur d’ambiance venu pour manger des saucisses (et c’est incroyable la quantité), c’est en fait un cadeau de se femme Isabelle, l’épouse bien aimée d’Eric, à l’humeur toujours agréable et joyeuse,
Sébastien et Virginie un jeune couple tireur de pulkas, déjà venus en été, ils souhaitaient découvrir le froid du grand nord et l’ours blanc, et tant qu’à faire autant venir la semaine où il y a une éclipse…
et puis Nicolas, le guide, qui n’a pas le choix d’être là puisque c’est son boulot après tout !
Les deux chiens, « Fire » plus attirée à gober les crottes de rennes que de tirer la pulka en avant, et « Dogo » qui est resté en érection pendant cinq jours suite à une gelure testiculaire…

L’arctique, ça se mérite

Lundi 16 mars.

Tout commença par une annulation du vol Oslo / Longyearbyen, une tempête de neige sévit au Spitzberg ce dimanche 15 mars au soir. Après une nuit gracieusement offerte au Radisson Blue Hotel à deux pas de l’aéroport d’Oslo, nous redécollons le lundi matin.

C’est en sortant de l’avion qui a atterri sur une piste complètement gelée, que nous mesurons dans quel environnement nous allons vivre ces prochains jours. 20150320-001-arrivée

C’est le plus chaud des dix prochains jours que nous allons passer, il fait -10°C à -12°C, mais avec du vent par rafales à décorner les rennes et qui vous fait dire… qu’est-ce que je fous là avec mon jean !?

Installation à la guesthouse 102 pour une nuit, (au lieu des deux prévues). 20150320-005-guesthouse102

Nicolas nous équipe alors toutes et tous pour la semaine, avec entre autres des bottes Sorel top qualité, une salopette polaire très saillante que nous appellerons le Pilou, une doudoune très chaude Décathlon. Tous ces équipements sont neufs pour la plupart.

Mardi 17 mars

Nous chargeons la chenillette de tout notre matériel personnel, de tout l’équipement collectif, des provisions et pulkas, puis nous partons pour 3h de « route » à 26-27 km/h maximum et rejoignons Freidheim au bord de Templefjord 50 km plus loin. 20150320-010-route

Nous sommes à l’avant avec Pascal, Jeff, le conducteur, Nicolas, et les deux chiens. Fire n’arrête pas de me baver dessus d’ailleurs, cela nous permet de faire plus ample connaissance et de créer un lien olfactif ainsi…

Après une petite heure de route, la chenillette tombe en rade. Le moteur tourne, mais il n’a visiblement plus d’accélérateur. Le conducteur ouvre le capot du moteur qui est à l’intérieur de la première cabine où nous sommes. Et c’est alors avec une ingéniosité sans faille que le conducteur répare l’accélérateur en moins de dix minutes, avec un élastique, cela a tenu jusqu’au bout.

Il est déjà midi, et nous mangeons sur le moufle ou sur le gant avant de monter le camp. Nous avons du bol car il n’y a pas de vent, plus pratique pour monter les tentes. Nous nous installons à 50m d’un petit campement de cinq allemands. Nous sommes tout de suite mis dans l’ambiance car ce groupe nous indique qu’il y a des traces d’ours fraîches à 200m de là derrière la cabane proche de la banquise. Et Nicolas nous prévient que malgré la présence de chiens, il va falloir faire des tours de garde toutes les nuits.

La nuit arrive, je prends mon tour à 3h. Il me faut quinze minutes pour m’équiper grand froid pour passer une heure en statique (ou presque) dehors. Il fait nuit, mais pas trop, la neige rend le paysage visible. Nuit sereine. Puis j’entends le silence comme rarement… parfois interrompu par des ronflements du sommeil du juste…

Mercredi 18 mars.

Ce matin, l’hélicoptère de secours arrive au camp pour emmener un allemand qui ne peut plus vraiment marcher suite à une blessure au genou il me semble. 20150320-015-helico

Après un bon petit déjeuner, nous partons randonner vers l’ouest le long du fjord, et non pas sur la banquise comme c’était prévu, faute à la douceur de la semaine passée qui a fait partiellement décongeler la banquise en la rendant dangereuse. Nous prenons deux pulkas embarquant des thermos et de quoi déjeuner. Le temps est couvert, mais pas autant que nous mêmes… et il y a du vent, il fait donc très froid, aucune idée de la température ressentie. Ce paysage me fait vraiment penser aux paysages de la planète de glace de Star Wars, Hoth.

Copyright Jeff

Copyright Jeff

Nous apercevons un phoque au loin, affalé sur un glaçon, de très rares oiseaux, puis trois morses qui nagent. 20150320-025-longdufjord

Pause déj après 2h30 de marche. Nous nous mettons à l’abri du vent. Et pour moi comme quelques autres, changement de t-shirt car il est trempé de sueur, et à refroidir il est indispensable d’être au sec… c’est juste un mauvais mais court moment à passer. Au menu, soupes chaudes lyophilisées et barres énergétiques.

Sur le retour, vers 15h nous croisons les quatre allemands qui ont décampé. Ils nous disent nous avoir laissé gracieusement du saucisson pour notre équipe, sympa… nous ne nous doutions pas qu’il s’agissait d’un sac plein de différentes sortes de saucisses dont nous nous gaverons toute la semaine ! Ils nous préviennent alors que  leur campement très proche du nôtre a été visité par un ours, et qu’il a déchiqueté notamment un sac poubelle.

Au même instant que l’ours débarque dans le camp, une seconde équipe de l’agence 66° Nord arrive en chenillette pour s’installer au même endroit que nous. De ce que j’ai compris, une personne a tiré au pistolet d’alarme vers l’ours, mais il n’a pas pris peur, c’est la chenillette de 6 tonnes qui l’a dissuadé de rester en le poussant. Voici quelques photos prises par Jack.

Copyright Jack http://www.astro-jack.fr/

Copyright Jack — http://www.astro-jack.fr/

Copyright Jack -- http://www.astro-jack.fr/

L’ours à travers la fenêtre de la chenillette – Copyright Jack — http://www.astro-jack.fr/

Forcément, les tours de garde sont plus d’actualité que jamais, car l’ours va revenir très probablement. Nous les ferons dorénavant d’une durée d’une heure mais par équipe de 2, comme l’autre équipe s’est installée. Une famille de Tchèques s’est installée à 200m de nos deux camps, dans un renfoncement.

Jeudi 19 mars.

Tour de garde effectué sans souci avec mon pote de tente Luc. Nous tentons quelques photos nocturnes pour tenter de figer quelques aurores puis nous recouchons. 5h40. Un cri déchire la nuit, plutôt le jour d’ailleurs à cette heure là. Un duo de garde du deuxième camp 66Nord aperçoit un ours, et ils donnent l’alerte en criant.

Voici la photo du camp prise ce jour là par l’hélicoptère du gouverneur, permettant de mieux comprendre la suite. 20150320-040-site-bivouac-pres-Fredheim-legende

L’ours est sur la crête au-dessus de nos camps, et il est trop loin pour que le pistolet d’alarme soit utilisé. Peu importe il semble fuir. Pas tout à fait, selon notre avis, l’ours est descendu par derrière la crête et a continué vers le camp des tchèques.

L’ours franchit alors une barrière très très utile (mais vraiment… comme si cela pouvait l’arrêter…) puis il s’invite dans une tente, pour en sortir un homme de son duvet. Ce dernier s’est protégé la tête et en sera quitte pour des griffures superficielles aux bras et au dos. Une femme saisit alors son pistolet (pas d’alarme, car ils n’en avaient pas de toute façon) et tire par trois fois. Une cartouche atteint l’épaule gauche du malheureux ours qui était entré dans la tente, attiré par les odeurs de nourriture… oui, c’était évident.

Ces inconscients pour rester poli, mangent et conservent la nourriture dans leur tente, à deux pas de la banquise, sur le territoire de chasse de l’ours… L’ours s’enfuie et Nicolas notre guide l’aperçoit alors et tire au fusil dans sa direction mais sans le viser, l’idée étant de le faire fuir. Cela fonctionne, l’ours blessé se précipite dans le fjord. Un hélicoptère du gouverneur (la police du Svalbard en fait) est sur les lieux très peu de temps après, alerté par je ne sais qui, et est en vol quasiment stationnaire pendant 15-20 minutes au-dessus du fjord.

Nous apprendrons par la suite, qu’ils ont mis fin aux souffrances de l’ours en l’abattant de deux coups de fusil après qu’il soit remonté sur la terre ferme environ deux kilomètres plus loin. Cet ours a été autopsié, il s’agissait d’une jeune femelle marquée de deux ans, pesant 154 kilos. C’était la soeur d’un autre ours retrouvé mort sur la banquise l’année passée. Tragique. Un hélicoptère atterrit un peu plus tard au camp, pour emmener le blessé à l’hôpital.

Le petit déjeuner est un peu amer ce matin, nous sommes bien tous dépités et en peu colère, les consignes de sécurité ne sont pourtant pas compliquées à respecter. Nous reprenons le cour de notre vie.

Ce genre paysage visible de notre camp nous remonte le moral. 20150320-045-paysage

Nouvelle randonnée aujourd’hui, avec les raquettes cette fois-ci car nous avons environ 300m de dénivelée pour rejoindre Fjornibble. Nous croiserons quelques rennes, mais nous ne verrons pas de renard polaire.

Voici le renne du Svalbard.

20150320-050-rennedusvalbard

Nous voyons également des lagopèdes alpins, de gros oiseaux blancs feignasses qui préfèrent marcher plutôt que de voler. 20150320-055-lagopedes

Puis nous arrivons en haut du plateau à environ 250m d’altitude d’où nous jouissons d’une vue superbe sur la banquise, puis le glacier Von Post. 20150320-060-Fjornible

De retour au camp, nouvelle alerte à l’ours. Un groupe de motoneigistes a interpelé une personne de l’autre camp de 66Nord pour lui indiquer qu’ils ont vu un ours plus loin, mais nous n’avons que très peu de détails sur sa position et sa distance.

Nous assistons le soir à un coucher de soleil flamboyant qui dure quelques dizaines de minutes, tant le soleil se couche à l’horizontale.

20150320-065-coucherdesoleil

Vendredi 20 mars. – jour de l’éclipse

Nuit sans incident. Il a neigé cette nuit. 20150320-070-tourdegarde

Luc se lève le premier dans la tente, j’hésite encore car je redoute la météo du jour et je demande à Luc de bien vouloir regarder quel temps il fait… Ziiiiiipppp… le grand bleu !! Un ciel pur, d’un bleu profond. Je réalise que l’éclipse nous est offerte sur un plateau ! Et je me lève ni une ni deux…

Enfin presque ! J’oublie ce moment désagréable du lever où l’on sort du chaud, et où on se fait tomber du givre dans le cou parce que notre tête a touché le haut de la tente, et qu’on se dit qu’on va se les geler toute la journée…

Après un Bon petit déjeuner, nous partons nous installer sur un petit plateau pas très haut, mais qui nous donne une vue magnifique sur Sassendalen, le fjord, la banquise, et les montagnes tout autour.

Avec Eric, nous installons les photomètres du CNES selon la procédure qu’ils nous ont communiqué. Ils doivent être orientés en plein dans l’axe au moment où l’éclipse sera totale, inclinés à 10° de hauteur. 20150320-075-photometresCNES Malheureusement, nos appareils ne se sont pas allumés, le froid ayant eu raison de leurs piles visiblement. Dommage, je me faisais une joie de participer à une expérience scientifique dont l’objectif permettait de calculer la taille du Soleil à quelques dizaines de km près. Nous apprendrons par la suite que d’autres photomètres présents au Spitzberg ont fonctionné, bien heureux pour le CNES et Monsieur Prado.

Début de l’éclipse, il fait -18°C. C’est Jeff qui doit jubiler, car il l’a son éclipse au congélateur !

Nous nous affairons tous avec nos différents appareils photos, et regardons régulièrement la phase partielle de l’éclipse avec nos lunettes spéciales éclipse. L’hélico repasse… il n’est pas pour nous cette fois-ci… 20150320-080-thermometreequipe

15 minutes avant la totalité, la lumière change un peu, et devient chaude comme un doux coucher de soleil.

J’allume la gopro pour filmer 15mn avant puis 15mn après… mais elle non plus ne supporte pas le froid, elle tombe en rade au bout de 8mn… no panique, j’avais prévu cette éventualité, je change la batterie en quelques secondes, et je l’allume 5 minutes avant la totalité.

Le paysage devient irréel, on aperçoit Venus à gauche du Soleil vers l’Est-Sud-Est, puis Jupiter encore plus à gauche au Nord-Nord-Est. Nous sommes dans un fort crépuscule, mais la chaine de montagnes lointaine au nord ouest est complètement éclairée d’une vive lumière jaune. Les poils se hérissent, il faut regarder partout. Pascal en perd son latin « regardez on voit Jupiter… qu’est-ce que je dis… Venus ! ».

La température a baissé, il fait -20°C.

La totalité est imminente, et les ombres volantes s’invitent dans la danse. Ce phénomène incroyable reste toujours inexpliqué scientifiquement. Il s’agirait peut-être de turbulences atmosphériques ou bien d’ondes de choc provoquées par la baisse de température due à l’ombre lunaire.

Ces ombres laissent place au second contact, cet instant où les derniers rayons de Soleil passent à travers les montagnes lunaires, prenant l’aspect d’un diamant à l’éclat superbe. Diamant visible en haut à gauche du couple Lune-Soleil.

Puis c’est la totalité. Une parfaite syzygie (max de points au scrabble ça) pour 2 minutes et 22 secondes de bonheur.

J’aperçois deux protubérances, c’est la première fois que je les vois à l’oeil nu. J’en ai la confirmation lorsque Luc qui regarde aux jumelles indique exactement l’endroit que j’ai observé.

Avant le départ, j’étais tellement préoccupé par le matériel à emmener pour cette semaine, que je ne me suis absolument pas préparé pour la photo de l’éclipse… Heureusement Luc et Jeff sont très au point à ce niveau et me donnent les paramètres qu’ils utilisent habituellement pour un plan large… grosso modo priorité ouverture, tu ouvres F5 pour 500 iso et tu mets en mode bracketing -1.5 +1.5 puis tu mitrailles, il y en a bien une qui sortira du lot !

A vous de juger.

20150320-085-eclipsetotale

Au moment de la totalité, le couple lune-soleil est situé entre deux petits sommets, l’un à gauche culminant à 682m haut situé à plus de 13km, et l’autre à droite le Sticky Keep à 704m à plus de 10km. 20150320-090-planobservation

Puis je mets le Canon 7D en mode film, pour ne plus avoir à manipuler et profiter au maximum de ce moment magique. Et regarder tout alentour, Jupiter Venus à nouveau, puis les couleurs différentes sur les montagnes qui se colorent parfois de rose rouge…

Il fait franchement sombre. Dans le ciel est nettement visible la bande d’ombre que fait la Lune à la Terre, avec un pseudo coucher de soleil à l’Est et un pseudo lever de Soleil au Sud. La fin approche, moment toujours trop court.

Troisième contact. Le diamant réapparaît de l’autre côté, à droite. Puis les ombres volantes, encore plus puissantes. Des bandes larges de 30 à 40 cm bien visibles qui ondulent sur le sol totalement blanc derrière nous, incroyable à nouveau. Voici ce qu’à enregistré la Gopro Hero 3 black Edition, film accéléré dix fois permettant de bien se rendre compte de l’avancée de l’ombre sélène.

Le jour s’est levé deux fois aujourd’hui, il fallait bien cela pour fêter l’arrivée du printemps au Spitzberg.

Malgré le retour du Soleil, la température baisse encore à -22°C et cette baisse n’était visiblement pas forcément liée à l’éclipse, qui a peut-être donné un coup de pouce.

Voici maintenant quelques images.

Notamment un très beau chapelet réalisé par Jack Brunet à Fredheim, Spitzberg.

Chapelet

Copyright : Jack Brunet

Voici une très belle photo d’ambiance prise par Sébastien Chastang.

20150320-155-seb

Copyright : Sébastien Chastang

Voici une image montage réalisée à partir de plusieurs clichés pris depuis Longyearbyen, par Wang Letian qui a fait l’APOD du 28 mars. Cela permet de bien voir les protubérances solaires.

Celle-ci prise par Morten Ross depuis Longyearbyen, permet de bien apprécier la couronne solaire.

Et celle-ci prise par James Short permet de bien voir ce fameux diamant.

Nous rentrons déjeuner au camp, et occupons notre temps tranquillement cet après-midi. Certains s’adonnent à la construction d’un igloo… ou presque car il s’effondrera au grand dam de ses architectes…!

Puis courte balade sur la banquise qui s’est reconstruite, quelques jours et nuits à -20°C et elle va mieux ! 20150320-095-baladebanquise 20150320-100-baladebanquise 20150320-105-baladebanquise

Nous débriefons maintes et maintes fois sur la beauté de cette éclipse, au dîner dans la tente mess.

Isabelle nous fait remarquer à juste titre que les chiens ont été très silencieux pendant la totalité de l’éclipse, changement comportemental animalier très fréquent pendant ces moments là. Son mari Eric de lui rappeler que nous n’avions pas emmené les chiens… franche rigolade dans la tente mess, comme d’habitude.

Samedi 21 mars – premier jour entier de printemps.

Lever à 5h ce matin pour le tour de garde. J’inspecte le thermomètre… -27°C. Il n’y a pas de vent, mais -27 ça pique ! L’hirondelle ne viendra pas encore aujourd’hui pour annoncer le printemps. Programme de la journée, nous allons randonner jusqu’au bateau bloqué volontairement par la banquise.

Ce navire est investi par une petite famille, qui accueille des locataires de passage à priori. Ce navire propose des croisières au Svalbard aussi l’été. 20150320-115-bateau

La banquise ferait 60cm d’épaisseur par endroit, un 38t pourrait y rouler. Quelle étrange sensation de marcher sur l’eau solidifiée. Il fait à nouveau très froid, même pendant la journée -25°C. 20150320-110-surlabanquise

Nous avions prévu d’aller un peu plus loin, pour se rapprocher du glacier, mais Nicolas préfère par sécurité rentrer car nous avons tous bien froid. Nous le regarderons donc de loin. 20150320-120-glacier

Nous délirons encore quelques instants, Manu a pu immortaliser le combat, Pascal aux effets spéciaux ! … Luke aux prises avec Dark VADOR.

20150320-155-duel

Nous profitons ainsi plus de la tente mess, où le réchaud faisant fondre la glace pour le thé nous donne une bonne chaleur. La température est forcément négative à l’intérieur car notre table et nos bancs de glace ne fondent pas tant que cela, mais c’est nettement mieux que -25°.

Nous occupons nos esprits, et des idées fantasques de scripts d’horreur émergent dans quelques têtes. Une idée parmi tant, est de trouver différents moyens de trucider le chien blanc du camp d’à côté qui n’arrête pas d’aboyer et ressemble de nuit à s’y méprendre à un ours blanc « quel con ce chien ! » pour paraphraser un garde dont je tairai le nom… ou encore de savoir comment bloquer cet incessant moto-man-neiges en ce samedi de lendemain d’éclipse.

Tous les touristes venus au Spitzberg pour voir l’éclipse profitent de cette journée pour s’adonner à ces activités, mais là c’est trop, nous envisageons d’installer un filin sur leur lieu de passage. Nous n’en ferons rien bien évidemment, nous n’avons pas l’envie de revoir l’hélicoptère pour la 4è fois au camp, ils finiraient par croire que tous les problèmes nous sont liés…

Nous assistons ce soir à un autre coucher, celui d’un fin croissant de Lune âgé seulement 33 heures, non loin de Venus. 20150320-125-croissantdelune

Dimanche 22 mars – dernier jour.

Le mercredi d’avant, soit 4 jours plus tôt, il faisait nuit en se levant à 3h. Le jour commence déjà à se lever à 2h le matin, c’est loupé pour la chasse aux aurores. Et il fait toujours aussi froid, -22 -23°C. Nuit sans incident.

Nouvelle journée de belle randonnée, mais le temps est très couvert, il y a un peu de vent. Les vagues sont comme figées par l’air glacial.

20150320-130-tempscouvert

Après un petit détour par la banquise, nous nous engageons dans le canyon Storgjelet, nouveau paysage de glace complètement dépaysant. Les falaises semblent parfois hautes de 40 à 50m. Nous croisons un renne, puis apercevons trois oiseaux dont j’ai oublié le nom… Nous arrivons au lieu de notre pause déjeuner, sur la rivière figée. 20150320-135-rivieregelee

Rivière figée un peu comme moi. Ou plutôt pétrifié, les doigts pétrifiés par le froid, c’est douloureux et j’ai beaucoup de mal cette fois à me réchauffer pendant la pause, malgré le changement habituel de t-shirt.

C’est simple, les doigts sortis de leurs gants pendant 15s, c’est très froid, pendant 30s c’est insupportable, et on ne les sent plus après 1 minute… Nous rentrons sous un ciel toujours couvert que le Soleil arrive à percer tant bien que mal.

Ce n’était pas une bonne journée pour une éclipse. 20150320-140-soleilpercant

Puis nous rentrons au camp, et le thermomètre a nettement monté aujourd’hui, il ne fait plus que -12°C, le jour où j’ai eu le plus froid.

Lundi 23 mars – Chenillette Chenillette !!

C’est le jour de rentrer, et nous en sommes tous très content. Certains vénèrent le dieu Chenillette et dansent une farandole. Comprenez notre état et notre motivation après sept jours six nuits de froid glacial. Se dire tous les matins qu’on va avoir froid toute la journée, et que le soir on ne rentrera pas dans le confort finit par taper sur le système. Le moral peut devenir fébrile. L’idée de rentrer au chaud, de prendre une douche, de s’installer sur une cuvette sans se les geler…

Deux chenillettes doivent venir nous chercher pour ramener nos deux équipées de 66°Nord à Longyearbyen. Mais cela ne se passe pas tout à fait comme prévu (comme souvent au Spitzberg j’ai l’impression), car une seule chenillette arrive, l’autre est à priori tombée en panne sur le chemin, c’est peut-être l’élastique du premier jour qui a cédé… 20150320-145-chenillette

Plan B oblige, il est décidé que tout le monde doit rentrer. Nous sommes donc 20 personnes et quatre chiens. Nous ne chargeons donc que nos affaires personnelles, les provisions de nourriture, les poubelles, pour éviter d’attirer les ours, et tout l’équipement collectif est laissé sur place (tentes, pulkas, duvets, popotes…).

Il n’est en effet pas question de laisser sur place plusieurs personnes durant six heures le temps que la chenillette fasse l’aller retour. Puis nous avons tout bien chargé lorsque la deuxième chenillette arrive… il avait donc un élastique de rechange… c’est donc à nouveau un peu le chantier pour charger l’autre chenillette, mais tout passera et rien ne sera laissé sur place.

Nous rentrons dans l’après-midi à la guesthouse 102, et je ne vous raconte pas le bonheur, mais il fait trop chaud dans la chambre ! Nous sommes obligés de baisser le chauffage ! Ce soir, Nicolas nous a préparé un ragout de renne plutôt fameux.

Nous avons globalement très bien diné pendant toute la semaine. C’était lyophilisé presque à chaque fois, mais les produits sont vraiment de qualité. Presque car nous avons mangé des darnes de saumon un soir, je m’en souviens très bien pour avoir eu à frotter les gamelles ce soir là à coup de glaçons et grattage à la cuiller ! Ce soir, je dormirai comme une souche.

Mardi 24 mars – journée libre.

Nous avions prévu tous plus ou moins de faire une activité. Virginie, Sébastien, Emmanuel et Luc ont choisi la grotte de glace. Et nous autres avons préféré faire du chien de traineau, ça coûte une blinde mais c’était l’occasion. 20150320-150-chiendetraineau

En fin d’après-midi, nous allons vider quelques bières bien méritées au pub Svalbar. Et cela tombe bien Pascal fête son anniversaire aujourd’hui et offre sa tournée. Le soir nous nous retrouvons tous pour notre dernier soir dans un bon restaurant de l’île, le Kroa,

Mercredi 25 mars – départ.

Nous partons sans encombre, les vols s’enchainent.

Epilogue

Je voulais vivre une expérience, et je l’ai vécue pleinement, semaine très riche.

Voir des paysages polaires extraordinaires.
Marcher sur la banquise.
Connaître la vie à l’intérieur d’un congélateur jour et nuit pendant une semaine.
Des rigolades et des blagues douteuses à n’en plus finir dans la tente mess.
La plus belle éclipse de ma vie.

Le plus dur dans la semaine ?
Se réveiller tous les matins, deux fois par jour.
Faire la vaisselle à la glace dans la nuit et le vent.
Ramener une engelure, réversible heureusement.
Ne pas ou mal dormir pendant 6 nuits.
Se laver, pas facile de se dévêtir.
Aller aux toilettes.

Il faut savoir qu’à cette température qui était souvent inférieure à -20°C, tout ce qui est simple dans la vie courante est compliqué et pénible par grand froid.

Le plus facile dans la semaine ?
La conservation des aliments…
Oublier ce froid grâce à la bonne humeur du groupe.

Merci à ce groupe qui a pleinement contribué à cette réussite, au guide et à son professionnalisme.

J’avais envisagé ce séjour comme un défi, et non comme des vacances. Avant de partir, c’est la première fois que l’on m’a dit bon courage avant de partir en vacances, et non bonnes vacances… Je suis très heureux de cette expérience réussie, mais je ne suis pas prêt de réitérer dans le grand froid…

Faisons les comptes…

Car on se posait la question pendant le voyage.

Cette sixième éclipse totale était un succès comme les quatre précédentes d’ailleurs.

4m06s, 2006 Libye, Jalu
2m16s, 2008 Sibérie, Altaï à 80km au sud de Biisk
4m33s, 2009 Tibet, Xinduqiao
2m04s, 2012 Australie, Queensland, Fitzroy Island,
2m22s, 2015 Spitzberg, Fredheim,

Soit 15mn21s de Soleil Noir véritablement vu.

Ou encore 17mn32s en comptant celle du 11 août 1999 en France à Autreville pour 2mn11s  pas vue à cause du mauvais temps.

Sans oublier deux éclipses annulaires,
4mn12s, Espagne, Calpe
4mn07s, Etats-Unis, Arizona, Monument Valley

Et la prochaine éclipse ? Sans aucun doute l’éclipse totale du 21 août 2017 aux Etats-Unis, très très probablement l’éclipse annulaire du 1er septembre 2016 à la Réunion, et fort peu probable celle du 9 mars 2016 en Indonésie….


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L’éclipse de l’équinoxe 2015 au Spitzberg


C’est officiel depuis quelques mois maintenant, j’aurai l’extrême plaisir d’être au mois de mars 2015 au Spitzberg pour observer l’éclipse totale de Soleil le dernier jour de l’hiver 2015, c’est également le jour de l’équinoxe de Printemps, le 20 mars 2015.
L’éclipse a lieu dans la matinée, le printemps arrive officiellement le soir à 22h45 Temps Universel (23h45 temps local).

Voici une carte précise du Svalbard, ce qui n’est pas évident à trouver (même Google Earth est très approximative sur cette zone du globe).
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http://toposvalbard.npolar.no/

La position du Soleil

La question que l’on me pose souvent concerne la position du Soleil à la fin de l’hiver, tout là haut à 1300 kilomètres du Pôle Nord… ?
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Fait-il jour à ce moment de l’année ou bien est-ce encore la nuit polaire ?
… forcément que si une éclipse de Soleil est visible, c’est que ce dernier est au-dessus de l’horizon et la nuit polaire est donc terminée !

Cependant, la question est intéressante. Si on étudie les graphiques ci-dessous, on peut voir en ce lieu que la nuit polaire s’achève en février pour reprendre début novembre.
Entre début février fin de la nuit polaire et début mai où le jour est permanent, la durée du jour s’allonge de 8h chaque mois !

La ligne bleue verticale ci-dessous représente le 20 mars.
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Zoom sur la durée du jour le 20 mars.
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En réalité, la nuit polaire (crépuscule nautique) à Longyearbyen commence le 14 novembre et s’achève le 29 janvier.
Le Soleil est au-dessus de l’horizon de façon permanente (Soleil de minuit) du 19 avril au 23 août.
Attention : la nuit polaire ne signifie pas nuit absolue ; c’est l’alternance de la nuit noire et du crépuscule.

Je serai en ces lieux du 15 au 25 mars, et la durée du jour sera de 11h le 15 mars et 13h30 le 25 mars ; soit 2h30 de plus en 10 jours seulement.
A comparer avec nos latitudes habituelles où la durée du jour s’allonge de 20 à 25mn sur 10 jours.

Et voici une petite animation réalisée à partir du site suivant bien pratique concernant la position du Soleil le jour de l’éclipse.
http://www.solartopo.com/duree-du-jour.htm
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Un petit point météo

En hiver il fait froid… les moyennes sont éloquentes.
Au mois de mars, la moyenne des températures maximales est de -9,7°C et la moyenne des températures minimales est de -17,5°C.
Les records de chaleur entre mars et avril vont de 6° à 7° et les records de froid vont de -46° à -39°.
Sur le graphique ci-dessous (source MeteoFrance), la pluviométrie n’est pas neutre au mois de mars… mais c’est tout relatif, et c’est même plus sec qu’en France… il pleut deux fois plus à Paris sur le même mois.
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Les préparatifs

Reste les préparatifs pour ce voyage qui s’apparente plus à une expédition qu’à un voyage classique.
Avec cette météo qui peut s’avérer être presque clémente, si l’on considère que -15° -10° est acceptable, à très froide, l’équipement est primordial.
Si le tarif du voyage pour lequel j’ai opté est le plus bas que j’ai trouvé, il reste à s’équiper en grand froid.
Force est de constater que le prix de l’équipement spécifique est hors de prix… surtout lorsque comme moi il faut s’équiper de la tête aux pieds, n’étant pas habitué aux sports d’hiver.
Entre la veste gore-tex, doudoune en duvet, la salopette coupe vent, les polaires, les sous-vêtements chauds et techniques, moufles, surmoufles, masque… la carte bancaire va être thermiquement opposée à la météo du Spitzberg…

Les promesses de ce voyage

Avec deux amis connus à l’occasion de l’éclipse totale du Soleil le 14 novembre 2012 en Australie, nous partons avec l’agence 66°NORD. Une vraie découverte de la banquise est au programme.
Nous serons au plus proche de la nature car nous nous déplacerons à pieds ou en raquettes, parfois avec les pulkas, et passerons sept nuits en bivouac sous tente.
Nous aurons l’occasion d’observer la faune sur la mer glacée, à savoir des phoques annelés, des morses, des rennes et des oiseaux arctiques, et pourquoi pas des cétacés…
Avec un peu de chance, nous pourrons voir un renard polaire, voire l’un des 2500 ours polaires présents au Spitzberg, avec beaucoup de chance… d’ailleurs notre guide sera équipé d’un pistolet d’alarme et d’une carabine anti-ours au cas où. Nous serons aussi accompagnés de deux chiens qui monteront la garde.
La possibilité d’observer des aurores boréales rajoute aussi une très grande promesse… le top du top serait d’en voir pendant la phase de totalité de l’éclipse solaire…
Bon, une simple et splendide aurore ne serait pas de refus…

In Green Company: Aurora over Norway Image Credit & Copyright: Max Rive

Je vous raconterai tout cela en images au retour…
Rappel définition Crépuscule :
Période qui précède le lever du Soleil ou qui suit le coucher du Soleil et où la nuit n’est pas totale.
Il est déterminé par la hauteur angulaire que fait le Soleil sous l’horizon :
– de 0° à 6° c’est le crépuscule civil,
– de 6° à 12° le crépuscule nautique,
– et de 12° à 18° le crépuscule astronomique.


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Eclipse annulaire du 20 mai 2012 à Monument Valley, Arizona


Voici les photos de l’éclipse annulaire du 20 mai 2012, prises à Monument Valley, Arizona, USA, un site qui déchire… voici le drapeau de l’Arizona

2012-05-20-01-Flag_Arizona

L’éclipse étant en fin d’après-midi, j’avais le temps de parcourir en 4×4 la Valley Drive…

2012-05-20-02-Monument-Valley-4WD

Puis, le temps d’installer le matériel, j’étais prêt juste 3 mn avant le début de la phase partielle de l’éclipse, j’avais prévu 1h de battement au cas où, et j’ai bien fait car ma montre avait 1h de retard… je crois que j’ai rien compris à ces décalages horaires entre états, heure d’été heure d’hiver, oui et aussi faut-il savoir si on est ou non en zone Navajo, et s’ils pratiquent localement l’heure d’été ou pas… bref !!!

Toutes les photos de l’éclipse ci-après sont prises avec le Canon 7D au foyer de la lunette Skywatcher de 80mm sur trépied Vanguard qu’il va falloir que je change… mise au point manuelle. Cette dernière n’est pas trop mauvaise mais je pense que je pouvais gagner encore, c’est ainsi.

Et le spectacle commence, vous pouvez remarquer que le Soleil a aujourd’hui 3 groupes de taches solaires (sunspots), et la Lune va les grignoter un par un.

Ci-dessous le premier sunspot number 1479 avant d’être effacé.

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Puis vient le tour du second sunspot en chapelet number 1484.

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Enfin le dernier sunspot number 1486.

2012-05-20-05-annular-eclipse-20-may-2012---sunspot-1486

L’annularité est imminente !

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Et voilà l’anneau est formé, the ring of fire !!

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Comme je l’avais souhaité, la lumière nettement réduite du Soleil sublime le site de Monument Valley (MV), et la situation est un peu curieuse parmi la petite foule située au Visitor Center de MV… Effectivement, je suis le seul (de ce que je peux voir) à tourner mon objectif vers le Soleil, tous les autres sont tournés à l’opposé vers ces fameux rocs emblématiques… du coup beaucoup de personnes intéressées m’accostent et c’est avec joie que je partage ces moments américains !

Je ne dois pas me laisser déconcentrer, car j’ai prévu une photo tous les 2mn en phase partielle puis toutes les 10s en phase annulaire en vue de faire un film (qui sera diffusé sur vos écrans vers la mi-juin).

Et maintenant voici l’astre sélène au maximum de son passage devant notre étoile. Vous pouvez voir que la Lune n’est pas exactement au centre du Soleil puisque Monument Valley n’est pas exactement situé sur la ligne de centralité qui est à 50 km au sud à vol d’oiseau.

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Et puis c’est la fin de l’annularité, 4mn de durée à peine (3m57s exactement).
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Alors que réapparaissent respectivement les sunspots 1479 et 1484.

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Je suis confronté à un choix cornélien car je veux photographier l’éclipse jusqu’au coucher du Soleil, mais je veux aussi photographier les rocs si sublimes ! Tant pis pour la fin de l’éclipse, j’en ai déjà beaucoup… je déchausse donc le Canon 7D pour me tourner dans l’autre sens afin d’immortaliser ce paysage qui me restera gravé à jamais.

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Et puis un gros plan sur la West Mitten Butte.

2012-05-20-13-West-Mitten-Butte-during-eclipse-20-may-2012

Alors que l’éclipse continue, je peux maintenant prendre le Soleil en direct avec l’appareil tant la luminosité du Soleil à diminué. Cette photo surexposée a un intérêt tout particulier. En effet, regardez bien le reflet du Soleil, il n’est pas rond !

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Le Soleil en train de plonger vers l’horizon se couche sur Rock Door Mesa, la partie Est d’Olijato Mesa, situé en Utah.

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Alors que Monument Valley plonge dans les ténèbres…

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C’était une journée exceptionnelle…